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Essais routiers

Ford Mustang 2009

Finie la solitude !

Par Frédéric Masse

Elle ne sera plus seule. Elle, qui avait tenue le fort envers et contre tous, verra son monopole chamboulé. J'aurai toujours du respect pour cette bête qui ne s'est pas rendue. La Mustang est une guerrière. Elle le demeurera, même avec l'arrivée prochaine de la Dodge Challenger et de la future Chevrolet Camaro. Et, vous savez quoi, même dans sa forme actuelle, même avec la sortie imminente de ces nouveaux bolides, l'étalon peut encore se cabrer !

Carrosserie

Je me souviens encore d'avoir été ébahi lors du dévoilement de la dernière génération de Mustang à Detroit, en 2005. Elle était grise… habillée de sous-vêtements rouges. Sous les feux de la rampe, elle se tenait telle une déesse bien galbée. Depuis, pas de liposuccion, pas de remodelage, la Mustang est demeurée telle qu'elle était. On peut certes la trouver un peu ennuyeuse en version V6, mais la GT, le cabriolet et la Shelby, mieux accessoirisée, la transforme en bien belle dame.

Habitacle

On s'y sent un peu à l'étroit. Les angles morts sont difficiles, autant dans le coupé que le cabriolet. Certains matériaux et plastiques font bon marché. La position basse demande un effort quand on y prend place. Le volant est légèrement trop gros, le pare-brise, trop petit, et les places arrière, accessoires. Voilà pour les défauts. De l'autre côté, se trouve un tableau de bord vraiment intéressant avec ses airs rétro. Ses sièges, quoique peu sportifs, sont bien enveloppants et permettent de rouler longtemps sans être trop fatigué. Les commandes permettent de s'y retrouver facilement. Le coffre arrière, très ample, se veut vraiment pratique. À la limite, vous installerez vos passagers dedans… c'est une blague !

Mécanique

Outre la Shelby qui offre une cavalerie qui lui est propre, la Mustang offre deux mécaniques : un V6 de 4 litres de 210 chevaux et un V8 de 4,6 litres de 300 chevaux. Le premier suffit, le second réjouit. C'est le bon vieux vrombissement d'un Muscle Car qu'on entend quand prend vit la mécanique à 8 cylindres. Je favorise évidemment la boîte de vitesses manuelle à 5 rapports à l'automatique à 5 rapports également. Une voiture de ce type, avec un couple de 320 livres-pied, ne vit pleinement qu'avec une belle pédale d'embrayage et un levier de vitesses. Il faut toutefois savoir que ce bon moteur de 4,6 litres consomme pas mal de carburant. Vous dépenserez allégrement 15 litres aux 100 kilomètres si vous aimez vous amuser. Avec la GT500, on est ailleurs, plus gâté. Sous le capot, on trouve un V8 de 5,4 litres suralimenté de 500 chevaux produisant un couple de 480 livres-pied. Le pied, effectivement !

Comportement

Concentrons-nous sur la GT, alors que la V6 est moins intéressante. Même si la Mustang se veut un peu lourde, et qu'on ait encore droit à essieu rigide, elle se veut assez agile pour se permettre des écarts de conduite. Si elle est une voiture survireuse et difficile à conduire de façon performante quand la chaussée se dégrade, elle permet bien des excès à ceux qui ne tiennent pas à leurs pneus. Les systèmes de surveillance désactivés, la GT devient baladeuse. Elle s'amuse, et ça se sent (le caoutchouc du moins). La direction communique bien ce qui se passe sur l'asphalte, et la voiture répond bien. J'aurais aimé des pneus plus larges que les 18 pouces offerts sur la GT et des freins plus puissants, mais le tangage au freinage aurait probablement été encore plus accentué. L'une des plus grosses brèches dans l'armure de la Mustang.

Conclusion

La Mustang reste et restera, même avec l'arrivée de deux nouvelles concurrentes, l'icône du Muscle Car des années 2000. Elle sera renouvelée pour l'année modèle 2010, mais devrait tout de même conserver ses lignes d'origine. On parle plutôt de lui injecter un moteur V6 biturbo, nommé EcoBoost par Ford, tout en conservant les versions à V6 et V8. D'ici là, la Mustang, surtout dans les versions GT et Shelby, a beaucoup à offrir pour qui cherche une bagnole rugissante !

Deuxième avis : Daniel Rufiange

À Ford, les espoirs de relance passent par quelques produits, dont la Mustang. Et heureusement ! La brillante idée de faire revivre les lignes rétro a redonné un second souffle à la carrière de ce bolide et a inspiré la concurrence à faire de même; j'ai nommé Dodge Challenger et Chevrolet Camaro. La magie pour Ford, c'est que l'histoire se répète; en effet, elle aura encore été la première; copiée mais jamais égalée ! Et le même commentaire s'applique à la conduite d'une Mustang. L'expérience demeure unique car on sent toujours cet esprit sportif, ce côté brutal qui fait tout le charme de la voiture, qu'on pilote la version de base à moteur V6 ou la rutilante GT500 qui a suffisamment de muscle pour rendre un culturiste jaloux.